Robert Walser
German
Le narrateur décide de partir en promenade un beau matin. Il quitte son bureau, ressentant une joie romantique et trouvant le monde extérieur frais et amical, un contraste frappant avec son précédent état de morosité. En traversant une place animée, il rencontre le Professeur Meili, figure d'autorité imposante, qui inspire respect et admiration. Le narrateur observe divers personnages et scènes : une librairie, une boulangerie, un cycliste, un médecin, un riche collectionneur de chiffons, des enfants jouant, des chiens et des dames élégantes. Il réfléchit à la nature non bridée des enfants et à l'effet inévitable du temps. Il entre dans une librairie, avec une certaine hésitation, et s'enquiert du livre le plus populaire. Il rejette ensuite froidement le best-seller qu'on lui présente, laissant le libraire déconcerté. Sa promenade le mène ensuite à une banque, où il apprend de manière inattendue qu'un groupe de femmes bienveillantes a crédité son compte de mille francs. Le fonctionnaire explique qu'il semble avoir grandement besoin de soins et que l'argent est désormais disponible. Le narrateur est visiblement ravi, mais décide de laisser l'argent à la banque pour la sécurité et les intérêts, exprimant son intention de remercier les donatrices. Il médite sur la nature trompeuse des apparences et la valeur de la lutte et de la souffrance endurée. Poursuivant sa promenade, il se souvient d'une invitation de Frau Aebi pour un déjeuner. Il critique ensuite une boulangerie pour son affichage ostentatoire d'or, déplorant la vulgarité et la perte de bon goût. Il note une fonderie et ressent une pointe de honte face à son oisiveté. Il se sent comme un lord dans son costume jaune, malgré le quartier modeste. Il observe des scènes charmantes d'enfants et de chiens et exprime son dédain pour les voitures qui perturbent la paix. Il rencontre ensuite deux figures importantes anticipées : une ancienne actrice et une jeune chanteuse. Il s'entretient avec une femme assise sur un banc, la prenant pour une actrice, mais elle le corrige poliment. Il réfléchit à ses propres luttes passées et à la paix qu'il a trouvée dans cette région. Il visite une charmante boutique de vêtements, admire les chapeaux et le mélange d'artificiel et de naturel. Il note également une boucherie et une épicerie. Il est attiré par une maison élégante, qu'il découvre être un ancien manoir datant de 1709. Il imagine la vie d'érudits et d'artistes qui y ont peut-être vécu. Il observe un pavillon de jardin de style mauresque et réfléchit à la beauté de la nuit et de la musique. Sa rêverie est interrompue par un groupe bruyant de personnes et de voitures. Il continue sa promenade et a un échange humoristique avec un chien. Il réfléchit au contraste entre un homme bien vêtu et des enfants pauvresment vêtus, s'interrogeant sur la moralité de telles disparités. Il commente les styles architecturaux, critiquant les ornements inutiles. Il admire une chapelle et une villa, contrastant leurs styles et les mondes qu'ils représentent. À l'approche du soir, il est témoin de diverses scènes quotidiennes : une fabrique de pianos, un tramway électrique, des vaches, des fermiers, des camions lourds, des ouvriers rentrant du travail, un cirque itinérant, des enfants jouant à la guerre, une potence, des bûcherons, des cochons, une ferme, et divers étals de marché. Il lit une affiche pour une maison d'hôtes réservée à une clientèle aisée et raffinée. Il reconnaît la possibilité de répétitions dans son récit, les considérant comme un aspect naturel de la vie. Sa promenade se termine au bord d'un lac, où un enseignant donne une leçon de nature à des enfants. Il ressent un sentiment de mélancolie et d'auto-reproche, réfléchissant à ses erreurs passées et à la dureté dont il a fait preuve envers les autres. Il se souvient d'avoir vu un vieil homme désemparé dans les bois et ressent une profonde empathie pour la souffrance humaine et la mortalité. Il se remémore une jeune fille qu'il avait tenté de séduire, mais qui était partie. Il se demande pourquoi il ramasse des fleurs dans son état de malheur. À la tombée de la nuit, il entame le chemin du retour, sa promenade ayant été une riche mosaïque d'observations, de rencontres et de réflexions.